Call for Papers

Studia Phaenomenologica vol. XIII (2013)

On the Proper Use of Phenomenology. Paul Ricœur Centenary Volume

Guest Editors: Olivier Abel, Paul Marinescu

Paul Ricœur’s intellectual life was devoted to rigorous philosophical thinking and was in close dialogue with different branches of the human sciences. He significantly contributed to major debates of his time, not only by engaging with an impressively wide range of topics, but also by proposing innovative approaches to various disciplines such as psychoanalysis, history, narratology or semiotics. The centenary of Paul Ricœur’s birth is thus an opportunity to celebrate, through the multiplicity of reflexive paths he set forth, the possibility of “philosophizing and continuing to do philosophy”. On a close examination of Ricœur’s philosophical itinerary – which begins with a phenomenology of the will and ends with an extended phenomenology of what he calls ‘the capable human being’ – it would not be an exaggeration to consider  his philosophizing a “questioning of the destiny of phenomenology today”.

Assuming the risk of reducing the ‘philosophical polyphony’ of Ricœur’s thinking to the phenomenological voice, this centenary issue of Studia Phaenomenologica is an invitation to pursue – in exegetical, critical or reconstuctive ways – the phenomenological paths of his work, by following three major directions of analysis:

1) The first direction of inquiry reconsiders, by means of an immanent analysis of his texts, the great encounters that Ricœur made possible between phenomenology and theories which would have otherwise remained alien to this particular type of philosophizing. But each encounter poses a new challenge; by keeping itself open to new interactions with psychoanalysis, semiotics or historiography, phenomenology, however, enhances not only its capacity to listen to the plural logos of the experience, but also its insight into the things themselves. In Ricœur’s words, the guiding question here is this: “What is to remain under phenomenology’s influence?”

2) The second direction of inquiry continues the first line of questioning by focusing on Ricœur’s contribution to the history and development of phenomenology. Unlike the exegesis which focuses on the hermeneutical “subversion” and  “grafting” of phenomenology as Ricoeur’s main contribution, we would like to consider as equally important Ricœur’s constant attempt to relate phenomenological description to a critical approach to experience. Could we thus not understand the thematic variations and the theoretical interconnections to which Ricœur constantly opens phenomenology as a coherent project of founding phenomenology by precisely what limits it?

3) Finally, there is the question of Ricœur’s phenomenological legacy. Given that Ricœur was, like Levinas, Sartre and Merleau-Ponty, among the first philosophers to introduce phenomenology to the French culture, and considering the internal shifts and transformations phenomenology has undergone during the last decades, it would not be unreasonable to ask the question as to what extent are the foundations of contemporary phenomenology indebted to Ricœur’s thinking?  Could the itinerary that led him from an eidetic of the will to an anthropology of the capable human being  be thought as paradigmatic for, or at least informing, the philosophy to come? Finally, taking all these issues into consideration, can we draw any conclusions on “a proper use of phenomenology” for future generations?

Hence, for the 2013 issue of Studia Phaenomenologica we welcome articles related to Ricœur’s contribution to the history of phenomenology and we encourage book-reviews on the latest publications on Ricœur’s thinking.

  • Contact: The texts can be submitted to the address: ricoeur@phenomenology.ro
  • Submission information: http://studia-phaenomenologica.com/?page=submit
  • The languages accepted for publication are: French, English and German.
  • Deadline for submission: November, the 30th, 2012.

 

 

Le Centenaire Paul Ricœur (2013): Du bon usage de la phénoménologie

Célébrer le centenaire de la naissance de Paul Ricœur c’est fêter, par le biais d’une multiplicité des voies réflexives, la possibilité de « philosopher et de continuer à philosopher ». Sa vie intellectuelle, couvrant une très bonne partie du dernier siècle, a été entièrement consacrée à l’exercice d’une pensée philosophique rigoureuse, en dialogue avec diverses branches des sciences humaines, présente d’une manière édifiante dans les grands débats de l’époque, témoignant d’une richesse thématique étonnante, et s’appropriant d’une manière innovatrice des domaines variés du savoir, tels que la psychanalyse, l’histoire, la narratologie ou la sémiotique. En examinant de près l’itinéraire philosophique de Ricœur, qui débute avec une phénoménologie de la volonté et se clôt, après avoir subi des greffes herméneutiques, des inflexions éthiques ou des accents analytiques, par une phénoménologie, mais cette fois de l’homme capable, il ne serait pas hasardeux de considérer que cette possibilité même de philosopher prend la forme d’une « interrogation sur le destin de la phénoménologie aujourd’hui ».

Quitte à réduire la « polyphonie philosophique » de sa pensée à la voix phénoménologique, ce numéro centenaire de Studia Phaenomenologica est une invitation à faire, défaire et refaire le parcours phénoménologique de l’œuvre de Paul Ricœur, un parcours qui déboucherait sur trois directions principales d’analyse.

1) Le premier pas de ce parcours consiste à revisiter, par le moyen de ce qu’on appelle une interprétation immanente des textes, les grands points de rencontre que Ricœur a rendus possibles entre la phénoménologie, d’un côté, et des disciplines qui autrement seraient restées étrangères à ce type d’articulation, de l’autre côté. Mais autant de rencontres, autant de défis, on pourrait dire, car de ses rapports problématiques avec la psychanalyse, la sémiotique ou l’histoire, la phénoménologie sort renforcée quant à sa capacité d’écouter le logos pluriel de l’expérience, mais aussi quant à la profondeur de son regard sur les choses mêmes. En termes de Ricœur, qu’est-ce que et comment « demeurer dans la mouvance de la phénoménologie » sera ici la question directrice.

2) La deuxième étape de ce parcours vient poursuivre cette interrogation, en s’attardant sur le propre de la contribution de Ricœur à l’histoire et au développement de la phénoménologie. Contrairement à l’exégèse qui se contente de situer son apport seulement au niveau de la « greffe » et de la « subversion » herméneutique de la phénoménologie, nous invitons à prêter également attention à sa constante tentative de relier la description phénoménologique à une approche critique de l’apparaître. En risquant une vision d’ensemble en guise de question, les variations thématiques et les articulations théorétiques auxquelles Ricœur soumet sans cesse la phénoménologie ne sont-elles pas autant de démarches visant à la fonder rigoureusement par ce qui la limite ?

3) Pour finir, il nous reste la question de l’héritage phénoménologique que la pensée de Ricœur nous a confiée. Parce qu’il compte, aux côtés de Levinas, Sartre et Merleau-Ponty, parmi les premiers qui ont introduit la phénoménologie en France, il ne serait pas dénué de sens d’interroger, vu les métamorphoses et les tournures que cette théorie a connues dans les dernières décennies, la façon dont ces refondations sont endettées à l’égard des impulsions venues de la part de la pensée ricœurienne. Sa propre trajectoire qui le mène d’une eidétique du vouloir à une anthropologie philosophique de l’homme capable, dont la pierre de touche semble être restée l’approche phénoménologique du « je peux », se révèlera-t-elle encore paradigmatique pour la philosophie à venir ? Finalement, est-ce que nous pouvons en déduire un « bon usage de la phénoménologie » pour les générations futures ?

Pour ce volume centenaire de Studia Phaenomenologica, nous invitons donc les articles portant sur la contribution de Paul Ricœur à l’histoire de la phénoménologie et également les comptes-rendus des dernières publications de l’exégèse ricœurienne.

 

  • Les articles sont à envoyer à l’adresse de mèl : ricoeur@phenomenology.ro
  • Instructions pour les auteurs : http://studia-phaenomenologica.com/?page=submit
  • Les manuscrits peuvent être écrits en français, en anglais ou en allemand.
  • Date limite pour les envois : le 30 novembre 2012